L’eau chaude sur la peau me procure une sensation de bien-être mais dans la glace, je ne me vois pas à cause de la buée. De toute façon, ce n’est pas important. Je ne me vois plus parce qu’avec le savon et le gant de toilette, ce que j’essuie n’est pas seulement une crasse. J’essuie aussi ce que je suis car au fil du temps qui passe, je ne me reconnais pas, je ne me distingue plus dans ses traits qui me font un visage peu à peu étranger. Je n’ai pourtant que cinquante ans mais parfois, c’est comme si j’en avais mille. Est-ce à cause de la fatigue, à cause du stress, à cause de ce que je ne me suis pas assez regardé, pas assez observé que je me découvre ainsi prématurément vieilli. Je ne saurai le dire.
Là, je me regarde. J’ai des poches sous les yeux pleines d’un sommeil agité. Quelques rides aux coins de la bouche et sur le front des vagues quand je le plisse, j’ai les cheveux qui se raréfient et le crâne qui me démange. De mon nez et mes oreilles sortent quelques poils disgracieux que j’épile avec une pince. J’ai encore le souci de moi-même s’il n’y a plus d’enjeux comme quand on est un jeune adulte qui veut plaire pour conquérir des honneurs et des femmes. Je ne suis pas désabusé, juste réaliste. Ce qui m’inquiète n’a d’ailleurs rien à voir avec cela. Il y a simplement que je me sens humainement désinvesti, daté dans mes références, décalé même et technologiquement dépassé et très souvent irritable.
J’ai pourtant le désir de ne pas me laisser distancer par les évolutions, de rester dans le coup comme on dit, mais en matière de technologie, je n’arrive pas à intégrer les mécanismes et à la moindre difficulté, je suis comme un handicapé qui a recours à ses collègues plus jeunes, plus au fait des situations pour solutionner une difficulté apparemment facile puisque en quelques clics, le problème est réglé. Je ne le fais pas exprès mais je ne comprends pas ce que ce que l’écran me dit bien qu’il s’agit d’écrits. C’est un peu comme si le monde d’emploi des solutions était du chinois. Du coup, je me sens désemparé et sans leur soutien amical, je serais probablement relégué à des tâches subalternes, recalé, disqualifié. Pour l’instant, mon employeur ne le sait pas mais ma dépendance augmente d’autant que je reste incapable de régler la difficulté quand le même problème réapparait comme si je n’intégrais pas les solutions qu’on me montre. Autrement dit, je n’enregistre pas, je ne progresse pas, je gère les acquis et donc, de fait, je régresse. Ce qui dans une société du progrès permanent, de l’intensité au travail, du toujours plus vite et plus technique n’est pas bon signe pour l’avenir.
En plus, je deviens oublieux. Je note pourtant mes rendez vous mais je ne consulte pas systématiquement mon agenda de papier quand les autres ont depuis longtemps un agenda électronique et moi, d’habitude si ponctuel, j’arrive en retard et j’invente des excuses improbables, ou alors je suis absent et là aussi, je dois imaginer des raisons objectives qui transforme mon oubli en excuses admissibles. On dirait que mon cerveau ne fait plus le tri entre l’essentiel et l’accessoire, que le tamis de la mémoire est plein de trous trop grands pour conserver les choses les plus importantes ou que comme des feuilles sans attaches, tout ce qui n’est pas inscrit sur la page blanche s’envole au premier vent. Je mets tout ceci sur le compte du stress, de la pression, mais le phénomène s’amplifie mois après mois et à ce rythme là, bientôt je n’aurais plus ma place dans l’organigramme de l’entreprise.
Le chef de service me l’a déjà dit : « Soyez plus consciencieux monsieur Martin. Un rendez vous manqué, ce n’est bon ni pour l’image de marque de la maison, ni pour votre chiffre d’affaire qui décroit. Or, vous le savez, vos revenus dépendent des nôtres. Un client de perdu, c’est moins d’argent en fin de mois pour nous et pour vous puisque vous touchez vingt pour cent sur chaque vente de logements qui complètent votre forfait mensuel et vous garantit des fins de mois conséquentes »
Je me suis senti sermonné comme un enfant mais j’ai fait un signe affirmatif de la tête et j’ai promis que cela ne se reproduirait plus. Du coup, comme un mono maniaque, je consulte mon agenda trois fois par heure et comme je mélange malgré moi les jours, j’interroge en permanence mes collègues que cela assomme. Je ne sais pas vraiment ce qui m’arrive mais plus le temps passe, plus je me sens fragile.
*
Hier matin, ou bien est-ce il y a plusieurs jours déjà, j’ai cru que nous étions Dimanche et je ne suis pas allé du tout au travail. Comme je suis divorcé et que je vis seul, je n’ai pas compris tout de suite que je faisais erreur. Il a fallu un coup de téléphone de mon employeur pour me rappeler à l’ordre.
« Alors, Martin, ca s’est passé comment ce matin avec ces deux acheteurs ? »
La question a mis du temps à faire tilt dans mon cerveau embrumé de sommeil. J’ai donc improvisé une réponse plausible.
« Le premier réfléchit, il se donne 48 H de réflexion, quand au second, il a trouvé trop cher la demande du vendeur et souhaite faire une proposition qu’il doit encore définir avec son épouse en fonction de ce que sa banque lui accorde comme prêt ».
Je me suis ensuite rapidement habillé et j’ai rejoins le bureau comme si de rien n’était. Par chance, un seul des deux acheteurs a appelé et a laissé sur mon répondeur un message que les collègues n’ont pas écouté. J’ai pu ainsi récupérer le coup en le reportant au lendemain à la première heure afin de ne pas hypothéquer ma journée. Et pour ne pas l’oublier, cette fois, j’ai écris directement dans ma main l’heure et l’endroit du rendez vous.
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J’ai bien dormi et je me sens en forme. Tandis que je déjeune d’un café noir et d’un peu de pain avec du beurre, je vois l’inscription sur ma main. 8.20, bd Billières. Je sais que cette note est destinée à me rappeler quelque chose d’important. Mais, en regardant l’encre séchée, je fouille ma mémoire pour décoder le message. Ce n’est pas tout de faire un nœud à son mouchoir, il faut savoir ce que le nœud signifie. Et heureusement, la lumière se fait. C’est mon rendez vous décalé. Il est à 8 H 20 boulevard Etienne Billières. J’ai juste le temps d’y aller. La circulation est heureusement fluide et j’y suis en quelques minutes. En plus, la chance est avec moi, je trouve immédiatement une place où me garer. Ma mémoire visuelle me dit que l’immeuble dans lequel se trouve cet appartement est par là. Mais est-ce celui-ci ou celui-là, j’ai comme un doute et comme je ne connais pas le visage de mon acheteur potentiel, je crains à nouveau de le louper.
Mon téléphone sonne, c’est lui qui m’appelle.
« Monsieur Martin, je suis devant le numéro 10 et je ne vous vois pas, êtes vous sur le chemin ? ». Je réponds que j’arrive puisque maintenant je sais où je vais. En plus sur la clé que j’ai dans la poche, il est noté appartement 31, ce qui signifie qu’il est au troisième étage porte un.
Dans l’ascenseur, nous nous observons et nous échangeons des banalités sur le retour du beau temps qui fait du bien au moral et rend la vie plus agréable, même si officiellement l’hiver n’est pas terminé. « L’ascenseur est lent, grince un peu, mais il est souple et suffisamment grand pour faciliter un emménagement déménagement » dis je, tout en songeant, ai-je déjà vu cet homme ? Lui aurais-je déjà fait visiter un ou plusieurs appartements et en ce cas quel est son nom, quels sont ses moyens et quel est son besoin ? Si je suis à jour, tout doit être dans la fiche qui est dans mon cartable.
L’appartement est clair, de type T2 bis. 50 mètres carrés avec loggia vitrée, vue sur le parc, cuisine équipée, une chambre et un séjour de 18 mètres carrés. Le visiteur visite, observe l’état des tapisseries, des visseries, des portes, le double vitrage, les volets roulants, la chambre, la pièce d’eau. Il ne dit rien mais inspecte à la recherche du défaut. Par habitude et parce que je ne sais plus s’il est marié ou non, s’il le veut pour lui ou pour une location, je dis :
« Alors, qu’en pensez-vous? Il y a en plus un petit cellier sur le palier pour du rangement et une place de parking ».
« Oui, c’est pas mal effectivement » répond t-il, ce qui ne m’éclaire guère sur ses intentions mais puisqu’ il a accepté de le visiter, j’en déduis que quelle que soit la finalité de son achat – habitation ou location – il a trouvé la proposition intéressante. Comme je ne me souviens plus vraiment son but et que je ne peux pas professionnellement le lui avouer, je feinte pour reconstruire fragment après fragment les pièces du puzzle.
« Quelque chose vous gêne t-il ? Le prix, l’emplacement, l’orientation Est Ouest, les contraintes de la copropriété ? »
« Un peu tout ça » avoue t-il. « Je crois » dit-il encore « que je vais réfléchir, en voir d’autres si vous en avez, prendre le temps en tout cas avant de décider. Je compte sur vous pour me rappelez dés que vous avez une nouvelle proposition à me faire. » Puis il s’en va certain que je me souviens de son nom, de son prénom, de son adresse. Ce qui n’est toujours pas le cas. Je note donc au stylo son numéro de téléphone que j’ai vu apparaître sur mon portable et je m’en tire par une pirouette.
*
C’est agaçant, ces oublis à répétition. C’est agaçant et inquiétant car ce ne sont pas que des oublis professionnels. Des oublis dû à une certaine lassitude de planter le même clou depuis vingt ans, ni à un certain dégout qui vient parfois avec le temps. J’oublie aussi des choses plus simples, plus essentielles pour la vie quotidienne. Par exemple, je n’ai pas rempli mon frigo depuis une semaine. Ainsi quand je rentre le soir, je me retrouve devant un frigo vide qui me regarde et comme je n’ai rien à manger, soit je ressors me commander une pizza, soit je saute le repas. Ce qui n’est bon ni pour ma santé, ni pour ma ligne car je n’ai déjà pas trop de gras. J’oublie aussi d’appeler les amis ou de me rendre à leurs invitations. Peu à peu, j’ai l’impression que je fabrique un désert autour de moi. J’oublie autant qu’on m’oublie. Je ne sais pas ce que j’ai, ni pourquoi j’ai l’impression peu à peu de vivre dans un autre monde. En effet, plus rien ne m’affecte comme autrefois. Ni les promotions injustes de mes collègues, ni les informations déprimantes, ni les remarques désobligeantes sur mon apparence. Il parait que je porte le même pantalon depuis une bonne semaine, que cette négligence dessert l’image de l’entreprise et nuit à ma performance. Je ne l’avais pas même remarqué car pour moi les jours s’enchainent et se ressemblent. Je vais au bureau, je consulte dix fois par heure mon agenda, je cours à travers la ville pour faire visiter des appartements, je me perds en chemin, je fais des détours inexpliqués, je mets un temps fou à convaincre. Je suis comme un pull over qui se détricote parce qu’une maille à sauter et que personne n’interrompt.
*
Le médecin du travail me regarde d’un air inquiet. Il a eu vent de mes absences. Pas des jours non travaillés, mais des autres qui me rendent peu à peu transparent. Il se demande s’il doit encore me déclarer apte ou s’il doit émettre une réserve. La question est grave car si je ne suis plus apte à faire ce métier, comment vais-je gagner ma vie puisque je ne sais rien faire d’autres et qu’à cinquante ans, je suis probablement trop vieux pour entreprendre une conversion, trop vieux pour qu’on investisse sur moi. ? Je ne vois pas comment le convaincre de ne pas décider le pire mais il a l’air inquiet et me conseille d’aller voir mon médecin. Il ne le dit pas, mais je vois bien qu’il redoute un état dépressif latent ou quelque chose d’autres sur quoi il ne peut mettre un nom. Soit ! je vais chez mon médecin.
Lui aussi m’ausculte avec la même interrogation dans le regard. Physiquement, je suis bien. Bien conservé et bien portant, le mal est manifestement ailleurs, dans ces oublis, ces trous béants qui font de ma tête un gruyère géant. A son tour, il m’envoie chez un spécialiste lequel me fait passer des tests de mémoire puis m’indique que pour en savoir plus, le seul moyen, c’est de passer un scanner.
Sanglé sur la table pour ne pas tomber, je suis saucissonné immobile, tandis que l’appareil explore de ses rayons invisibles l’intérieur de ma tête. J’ignore ce que, derrière la vitre, le médecin observe sur son écran J’imagine mon cerveau comme une vieille pommes ridée, un entrelacs de chair, de circonvolutions, de synapses filamenteuses, de neurones agitées comme un pop corn qui s’éclate dans la poêle, de matières grises et blanches dont j’ignore les fonctions. L’appareil est une abeille qui bourdonne autour de moi débitant à l’étal du professionnel des coupes horizontales et verticales, explorant mon cortex au plus profond de moi. Je ne vois rien de ce que le médecin voit et je ne peux donc que subir la situation. En soi, l’examen n’a rien de désagréable puisque ça ne fait pas mal, puisque j’ai les yeux fermés et que tout s’opère malgré moi. sans la moindre résistance. Sur cette table, je suis un objet posé qui ne pense rien du décor clinique environnant.
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Une semaine après ou bien est-ce un mois ? C’est le temps écoulé depuis l’examen dont je reçois à la maison les premiers résultats. Je ne peux pas les déchiffrer, ils sont en langage codé, médical. C’est pourtant de moi que ca parle et ne je peux pas accéder à l’information, ca me met hors de moi mais je suis bien contraint de prendre un rendez vous avec mon médecin. Je suis assis en face de lui. Il lit tête penchée et me regarde puis il relit et me regarde à nouveau. Je sens bien qu’il cherche ses mots pour me dire ce que le spécialiste a écrit. S’il regarde attentivement la lettre et les radioscopies, c’est pour se donner le temps de formuler dans sa tête la phrase la moins inquiétante qui soit.
« Voilà. Le résultat, c’est que vous êtes atteint de la maladie d’Alzhameir » dit il enfin. Je ne saurais expliquer pourquoi mais le mot m’était aussi venu en tête. « Ce n’est que le début » dit il comme pour me rassurer, mais un début qui annonce la fin puisque cette maladie est sans rémission, sans solution et que ça se termine toujours par une étrange disparition. J’aurais cru que cette révélation serait comme un choc mais en fait, puisque tout doit disparaître, que ce soit ainsi ou autrement ne me fait, dans l’instant, ni chaud ni froid.
« Dans combien de temps docteur ? » dis je.
« Quoi donc ? » demande t-il ?
« Dans combien de temps vais-je peu à peu devenir étranger à moi-même et d’ici là que dois je faire pour ne pas sombrer corps et âme ? »
« La maladie est variable d’un individu à l’autre, on ne peut rien dire avec certitude. Mais il y a des solutions pour retarder le mal en entrainant sa mémoire par des jeux, en s’obligeant à une gestion stricte et compartimentée de sa vie. Les casiers ne se vident que lentement un à un, du plus immédiat au plus lointain. Je vous conseille de ne rien changer à vos habitudes ou plutôt si, de bien les conserver pour qu’elles fonctionnent comme des réflexes, des impensés. Vous préserverez ainsi votre autonomie ».
J’ai suivi ces conseils et j’ai pris l’habitude de tout noter sur un carnet de bord. Ce que j’ai à faire, et ce que j’ai fait en y apposant une croix. Je n’ai pas peur mais je ne veux pas me laisser déborder par cette maladie qui, au fil des semaines, des mois et des années, va faire de moi un légume. Je note absolument tout dés que je fais un geste. Ce que j’ai mangé, à quelle heure, qui j’ai croisé, ce que nous nous sommes dit. Tout ces petits riens anodins qui font une vie et qui soudain me sont plus précieux qu’un diamant parce qu’il témoigne de ce que je suis vivant et conscient .
Alzheimer. Pendant longtemps j’ai cru que cela ne concernait e les très vieux, puisque le corps est une machine et que l’ordinateur central – le cerveau – peut, par excès de données enregistrées, saturer et se mettre à buguer. Puis on a dit que cela touchait principalement les intellectuels, c'est-à-dire ceux dont le métier est de penser le monde, sa complexité et qui à force d’y songer de le décortiquer, finissent par ce perdre dans ce labyrinthe .Dans un premier temps, je me suis senti rassuré. Je ne suis pas vraiment un intellectuel, je veux dire que je pense des choses utilitaires, techniques, juste des moments, des séquences, pas des théories, des concepts, des paradigmes. Mais finalement, c’est une idée fausse. Pour être malade, il suffit juste d’avoir un cerveau. Rétrospectivement j’ai eu tord de m’économiser.
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Je ne sors presque plus de chez moi. La dernière fois, j’ai eu du mal à retrouver le chemin. J’étais comme un enfant perdu qui attend son train avec autour du cou son adresse au bout d’un ficelle. Je ne travaille plus non plus. Je suis en congé longue maladie, c’est ce que m’a dit mon médecin. J’ai écrit ça sur mon carnet de route sans vraiment comprendre ce que cela impliquait de ne plus travailler. Quand je me regarde dans la glace, je vois pourtant quelqu’un de bien, de physiquement bien, mais au fil du temps, j’ai du mal à me reconnaître. C’est comme si nous étions deux, moi et lui en face Par moment pourtant je suis lucide et tout me revient. Le temps d’autrefois quand j’étais enfant et que je courais dans les rues de mon quartier, les copains qui me taquinaient à cause de ma petite taille, ma mère et ses fins de mois difficiles à boucler. Et puis, le disque saute plusieurs micro sillons et j’ai trente ans, marié deux enfants dont je ne trouve pas les prénoms. Et je redescends l’instant d’après en moi comme une descende d’acide, retoucher terre, sans plus savoir comment j’en suis arrivé là.
Je ne vois plus personne sinon cet autre qui de miroirs en miroirs ne me quitte pas Les gens fuient la maladie plus surement que la peste, par peur de la contagion probablement, à moins que ma situation ne leur fasse peur en leur rappelant que nous sommes mortels et que ce n’est qu’une question de temps. Mais ma disparition a ceci de désagréable que comme un poisson mal conservé, je pourris par la tête, inexorablement et que la régression est visible. Surtout depuis que je suis dans cette institution.
Au début j’y venais à la journée et je me trouvais très différent des autres. Aujourd’hui je suis les autres, aussi peu différent. Je marche dans le couloir de long en large en souriant au personnel qui vaque à ses occupations. Je ne sais plus vraiment qui je suis, ce que j’attends. Dans cette maladie, il n’y a pas de bon de sortie. Juste une étrange disparition dont le carnet que je lis témoigne sans trop savoir qui l’a écrit.
L’eau chaude sur la peau me procure une sensation de bien-être mais dans la glace, je ne me vois pas à cause de la
buée.je l’efface et mon visage disparaît totalement.
Farid Bey